Je vais vous raconter la vraie histoire de mon fils adoptif et certains vont comprendre le sens du mot éducation.
Je venais d'être nommée comme responsable d'un centre d'hébergement où les camions du SAMU social venaient avec les sdf.
Je connaissais une grande partie d'entre eux et j'ai donc instauré un climat de confiance. Je précise que nous étions trois responsables et que nous avions des plannings assez difficiles.
Après 15 jours de repos, j'arrivais toute fraîche et pimpante à 18h pour lire le cahier de liaison, former les équipes et donner un coup de main à préparer les tables et les kits de toilettes.
Quand j'ai commencé à lire le cahier de liaison, j'ai vu qu'en 15 nuits 7 interventions de la police pour 5 jeunes, deux avaient dû être exclus du centre pour violence.
J'ai demandé à deux animateurs de m'en dire plus. Un refusa catégoriquement de faire la porte, ca commençait bien et l'autre me dit, si c'est comme les autres soirs on va encore passer une bonne soirée.
Après quelques explications, j'ai décidé de faire la porte. A 22h j'ai vu arriver trois jeunes qui correspondaient au descriptif fait par les animateurs.
Effectivement leurs noms étaient sur le fax, mais ils avaient oubliés une chose importante à mes yeux le BONSOIR.
Ils voulaient jouer aux cons je savais faire aussi. L'un deux me dit soudain, j'veux parler au coordinateur ! Je lui fis remarquer que soit il ne savait pas lire soit il avait besoin de lunettes.
Il s'approcha de moi et l'air un peu concon et me dit une meuf chef ? Et je lui répondis Non mon badge c'est pour décorer mon blouson.
Alors soit vous dites déjà bonsoir chose que je n'ai pas entendu, soit je vais vous apprendre la politesse et sans l'aide des condés.
Le plus grand avec sa casquette à l'envers la retira et pour se foutre de moi me tira sa révérence. J'expliquais qu'à l'intérieur du centre j'étais coordinatrice dehors sans le blouson j'étais gladys.
Il n'était pas question de les voir foutre le bordel comme ils avaient osé le faire avec mes deux autres collègues.
Au bout de dix minutes ils avaient dit bonsoir et me suivaient dans le bureau. J'ai offert un café et j'ai expliqué que le premier casse couille allait regretter d'être venu ce soir.
Je leur demandais d'aller au lit au plus tard à 0h, pas de bédots ni emmerder les ptits vieux. Ils sont commencés à vouloir négocier l'heure, devant mon refus ils se sont acquiescés.
J'ai été les conduire à table et j'ai demandé à deux animateurs d'avoir un ½il sur eux.
Vers 23h45 je décidai de remplacer l'animateur pour faire la ronde. Plus je m'avançais des WC plus je commençais à sentir l'herbe de Provence.
J'étais folle de rage, mais je devais le piéger. Sans frapper je suis rentrée ds les wc, toujours le même fumait tranquille son joint qu'il venait d'allumer.
Il avait le choix soit il le mettait dans la tinette des chiottes soit il le fumait dehors mais par contre il restait dormir dehors.
Il a commencé à hurler quand deux sdf sont venus pour voir si j'avais besoin d'aide. Il était hors de question que je baisse les bras devant un petit con.
Il avait le marché en main et une chance pas de condés pour consommation de produits illicites.
Mon argument était simple, il fumait sans bosser donc il volait, ça risquait de faire beaucoup et pour peu qu'il soit du sursis !
Comme j'étais bonne fille je lui retirai son joint et l'emballa afin qu'il le retrouve le lendemain. Ils étaient sensés dormir, quand vers deux du matin un sdf m'interpella pour dire que les jeunes écoutaient du rap à fond et que personne n'arrivait à dormir tranquille.
L'animateur a voulu s'en charger chose que j'ai refusé, j'avais commencé avec un j'allais me faire les trois.
J'ai demandé aux sdf de la chambre d'à côté de changer de chambre juste pour cette nuit et que le lendemain tout devait rentrer dan l'ordre.
J'ai laissé les jeunes s'amuser comme ils avaient envie de le faire, rire et écouter de la musique.
A cinq heures du matin, j'ai pris une petite cloche qu'un sdf m'avait offerte et je suis montée dans la chambre des casses couilles.
J'ai ouvert en grand la fenêtre, j'ai fait sonner ma petite clochette à côté des petites oreilles, ils étaient fous de rage.
J'avais un argument tout prêt : j'avais dis à 0h dans la chambre, vous avez réveillés les pauvres mecs qui bossent EUX, fumé etc.... alors je vous veux dans 15 minutes en bas pour le petit déjeuner et si vous refusez j'ai un jet d'eau qui fonctionne très bien.
J'avais demandé au cuistot de préparer la table pour 4 personnes. Personne de l'équipe ne comprenait où je voulais en venir.
Au bout de 20 minutes la gueule dans le cul le plus bronzé avec son accent de Marseille me dit que j'étais une dingue et que j'avais la chance d'être une femme.
Pour me foutre de lui je lui dis oh peuchère il est fatigué le minot ? Nous étions les quatre à table et j'avais préparé les tartines comme à la maison. M...n'en revenait pas, tu nous fais les tartines, comme une maman ?
Ben oui comme une maman petit con, car vous êtes des grandes gueules mais vous ne pissez pas loin. Après le petit déjeuner nous avions le temps de commencer à apprendre à faire un cv, chose qu'ils ont acceptée de suite.
Vers 7 heures ils avaient en poche une liste que j'avais préparée. Aller s'inscrire à la mission locale, faire les intérims.
Un autre avait loupé son rdv avec le son JAP. J'ai fais une lettre pour demander le report du rdv. Je voulais les voir le soir avec des réponses et des traces de leurs recherches et pas simplement un coup de tampon.
Avant de s'en aller, le petit marseillais me dit dans le creux de l'oreille, je n'ai pas 18 ans et je tenais à te le faire savoir M avait 17 ans et 8 mois, c'est sans doute pas grand chose, mais la loi reste la loi.
Je devais l'informer de mes intentions, nous ne pouvions pas prendre le risque de garder un mineur.
J'ai avec son accord téléphoné à mon directeur qui le connaissait, nous avons pu avoir une dérogation et autorisation de le garder.
Le soir à 20h pile ils étaient devant la porte morts épuisés selon eux mdr. Peu importe s'ils avaient un boulot ou pas, le plus important c'est qu'ils comprenaient ce que j'avais voulu faire.
Le plus grand me demanda s'il pouvait nous donner un coup de main chose que je refusa ; il fallait faire la part des choses.
M était si heureux qu'il s'approcha de moi et me chuchota à l'oreille, tu ne veux pas d'un fils comme moi ?
J'avais pris ses mots à la légère. Les jours passèrent l'un des trois bossait en intérim, l'autre s'est engagé dans l'armée.
M après avoir refait sa carte de séjours avait un emploi de vigile. Je l'ai aidé à trouver une pièce à blanc mesnil mais il avait du mal à gérer.
Un soir il me dit je ne sais pas comment faire car le proprio va encore augmenter son loyer.
Je l'ai regardé droit dans les yeux et lui dit ! Petit beur que j'aime ou tu veux en venir ? toi même tu sais Glad, tu as stéphane , cindy, il te manque un autre garçon pour boucler la boucle hein.
Je savais que le père de ma fille allait accepter. Il a déposé un bizou sur ma joue , car il savait que c'était oui
A présent il a 30 ans et deux garçons. Comme quoi une tartine beurrée réveille des sens.